-Autres Ecrits de Madame Gaby AVON-

« Je ne sais pas ce qui m’a amené au théâtre ; peut-être les spectacles de la Comédie vus sur la place du Soleil »

Né en 1945, Alain Françon sera élève de l’école primaire du Treyve, rue Eugène Muller. Il commence à faire du théâtre à St-Etienne à l’âge de 18 ans, dans une troupe amateur « Le théâtre d’Essai Kersaki », en même temps, c’est un spectateur assidu des spectacles de Jean Dasté à la Comédie de St-Etienne. Jean Dasté qu’il a bien connu par la suite.

Après une maîtrise d’histoire de l’art sur le Corbusier, il créé la compagnie « Le Théâtre Eclaté » avec Alexandre Guini (Kersaki), Evelyne Didi, André Marcon, Christiane Cohendy, en 1971 à Annecy. Un théâtre militant d’interventions et de créations collectives qui se donne pour but l’animation de quartier, avec une préférence pour l’écriture contemporaine.

En 1989, Alain Françon prend la direction du Centre dramatique national de Lyon – Théâtre du Huitième. Il y monte notamment « La Dame de chez Maxim » de Feydeau, « Hedda Gabler » d’Ibsen, « Britannicus » de Racine.

De 1992 à 1996, il dirige le Centre dramatique national de Savoie (Annecy-Chambéry).

En 1996, il est nommé directeur du Théâtre National de la Colline à Paris. Son mandat se terminera en janvier 2010.

En 1995, le « Molière de la Mise en scène » et le prix Georges Lerminier lui sont décernés pour « Pièces de guerre » d’Edward Bond ainsi que le Prix de la Meilleure Création en langue française pour « Celle-là » et en 2000 pour « Le chant du dire-dire » de D. Danis.

Le Grand Prix du Syndicat de la Critique lui reviendra plusieurs fois : en 1993 et en 1998 pour « Dans la Compagnie des Hommes » (création) d’E. Bond, en 2005, pour « Ivanov » de Tchekhov et en 2009 pour « La Cerisaie » de Tchekhov, qu’il avait déjà mise en scène pour la Comédie Française.

Avec « LA CERISAIE, bouleversant lieu d’humanité ; Alain Françon termine en beauté son parcours à la tête du Théâtre de la Colline. Jamais, avant Tchekhov, le passage inexorable d’un monde à l’autre n’avait été figuré avec tant d’intensité déchirante. Ce qui est beau, c’est la manière dont Alain Françon a su retisser du temps, s’inscrire dans une histoire sans la figer… » (Le Monde, 21.03.09)

En avril 2010, Alain recevra pour une seconde fois, le Molière du meilleur metteur en scène.

Madame Maïcen avait une formation de modiste et sa fille de couturière sortait de l’atelier de Haute-Couture Millet à Saint-Etienne. Simone et sa fille allaient régulièrement à Paris, voir les collections de haute-couture, ce qui leur permettait d’être à l’avant-garde des idées. C’est ainsi qu’est arrivée la clientèle « select » de Saint-Etienne et ses environs.

En 1952, j’entre comme ouvrière, ayant reçu une formation professionnelle de couturière. Je suis tout de suite « lancée » dans le « tailleur », le « flou », les très belles robes de mariée. Mme Maïcen recherche de bonnes ouvrières qui sortent des grandes « maisons », avec une solide formation. C’est ainsi qu’arrivent Antoinette Sorrento, Gisèle, Noëlle, Renée et des « petites mains » indispensables pour les finitions. A cette époque nous travaillions du lundi au samedi jusqu’à 7, 8 voire 9 heures du soir, selon le travail qu’il fallait finir vite et bien.

En 1962, Simone Maïcen qui s’était spécialisée dans le chemisier confectionné par des couturières à domicile, achète son premier magasin, avenue de la Libération à Saint-Etienne, puis un second. Elle faisait fabriquer au Soleil, les vêtements pour le magasin. Nous préparions également les collections présentées à « La Maison Dorée » cours Gambetta et à l’Hôtel des Ingénieurs des Mines, rue du Grand Moulin, avec M. Casalino, propriétaire d’une Maison de Couture à Paris qui accompagnait les mannequins.

La couture évolue, apparaît le prêt-à-porter. Ce fut le déclin de la Haute-Couture.

En 1936, un jeune couple vient s’installer dans la boulangerie vacante place Garibaldi : Jean Paul et Anne Marie Pouly.

Tôt ouverte, à 5 h pour les premiers clients, les « gueules noires » et les « métallos », le chef étant lui « au charbon » depuis minuit à exercer son dur mais noble labeur.

Un pain fait à l’ancienne, dans un four à… charbon (de St-Etienne !) mais aussi brioches, croissants, etc… et bien sûr des gâteaux pour les gourmands, faits par Jacky, un certain temps.

La femme du boulanger servait les clientes avec le sourire ainsi que les « matrus » gourmands de bonbons exposés dans de gros bocaux.

Pour la Ste-Barbe et la Noël, le boulanger était « envahi » par ses fidèles clientes qui apportaient à cuire, dans le four tout chaud, la dinde.

Le pain sortait du fournil jour après jour, sauf le dimanche, jour de repos amplement mérité ; apprentis mitrons et ouvriers ont travaillé dur jusqu’en 1960 où la boulangerie a été vendue .

Jacky Pouly (leur fils)

  • LE CAFE DE L’ISERABLE

Un petit café, impasse Vacher, au milieu d’une grande activité industrielle, à tel point que, adossé à son mur, un hangar en bois servait de garage à une locomotive à vapeur…

Pas de w.c., un seul point d’eau : l’évier mais un avantage : pas de compteur d’eau, aussi, en été, nous mettions dans une grande bassine, toutes les boissons au frais et l’eau coulait en permanence. Pourtant, nous avions une jolie banque réfrigérante, un intérieur tout en zinc mais il fallait y déposer de la glace…

Nous n’avions pas « le confort » mais c’était général dans ce quartier ; pour les entreprises de même, pas de bureau, pas de vestiaire, pas même une table pour casser la croûte… tout ce monde venait au bistrot. Monsieur B., le principal industriel avait sa place attitrée, une table dans un coin d’où il pouvait voir une partie de son chantier. Vers 9 h, c’était toute son équipe qui entrait, ils déballaient leurs casse-croûte devant leur patron en buvant le canon… Nous avions également Monsieur P., patron d’une grosse forge. Il recevait ses clients chez nous devant un verre, sortait comme il entrait, sans rien nous dire ; nous marquions le prix de la consommation sur son compte.

Les voies de triage S.N.C.F. étaient à moins de 500 mètres ; il arrivait que des cheminots, mécaniciens et chauffeurs aient de grosses « coupures », leurs trains étant en « formation ». Ils venaient donc au bistrot et pour écouler le temps, jouaient aux cartes, à la belote et à chaque donnée, prenaient un pot.

Nous vendions également « à emporter » du vin cacheté.

Dès l’âge de 12 ans, je tenais parfois le bistrot seul, au début une heure, puis deux et comme ça se passait bien, il arriva que ce fut toute la journée mais j’avais des consignes : tenir le tiroir caisse fermé à clef, la garder sur moi, tenir une chaise près de la fenêtre pour demander de l’aide au cas ou…

Nous allions chercher du vin rue Beaunier, près de l’école des « Bains douches », où j’allais en classe ; deux bonbonnes de 2O et 3O litres à l’aide d’une petite remorque qu’on attelait à un vélo. J’avais mon cartable dans une main et de l’autre, je traînais la charrette.

« Souvenir du lieu de ma jeunesse »

Jacques Cortial, le 29.10.2008

  • LE CAFE DU GLOBE

Un pas de porte fermé depuis un an « Le café du Globe », était à vendre. Nous avons fait sa réouverture le jour de la Toussaint 1958. Un froid de canard ce jour-là ; les familles rentraient par une porte, ressortaient de l’autre tant il y avait du monde. Pas d’eau chaude sur le bar naturellement, pas de machine électrique, seulement la cafetière d’autrefois, la « débéloise », pas de toilettes à l’intérieur, il faut sortir dehors… Voilà la clef, c’est à droite, au fond de la cour. La clef, nous l’avons faite refaire au moins dix fois… perdue dans les poches des pantalons de ces messieurs. Nous l’avons agencée avec un anneau de 1O cm de diamètre et 3 millimètres d’épaisseur ; elle fit alors « carrière » pendant 15 ans, jusqu’à la fermeture.

Le lendemain de cette première Toussaint, ce fut le calme plat et ceci durant presque une année. Sept bars étaient installés autour de la place… Difficile de se faire une clientèle ! L’entreprise Rocher nous sollicita pour prendre des ouvriers en pension à midi et même le soir. Mais pas de piano comme chez « Trois Gros », une simple cuisinière à quatre feux, un petit frigo sans congélateur, un évier avec un bac seulement.

Puis, ras le bol des marmites. Dans différents quartiers stéphanois se créaient des billards club, loi 1901 . Pourquoi pas chez nous ? Achat d’un billard de compétition, d’un râtelier pour ranger les 15 cannes ou queues de billard. Chaque samedi, des match amicaux étaient organisés entre différents « billards club » de la région.

A la sortie de la messe dominicale, les jeunes comme les moins jeunes, venaient trinquer au verre de l’amitié. Venaient aussi les sportifs qui s’entraînaient à Méons. Les équipes se servaient et laissaient l’argent. Nous leur faisions confiance.

L’idée nous vint, en accord avec le président du billard club, d’instaurer une compétition unique en France : le marathon des 24 h aux « 3 bandes ». Les quatre premières années, sept joueurs se sont affrontés du samedi 17 h au dimanche 17 h. Médaille offerte et remise par M. le Maire de l’époque et son adjoint aux sports. C’était la fête au Globe ! Les clients entraient et sortaient durant 24 h, de jour comme de nuit, avec l’autorisation de la Police, les spectateurs, dans le plus grand silence, pouvaient manger les tripes, fromages et fruits . Les acharnés passaient la nuit complète. La veille de cette compétition, sur notre cuisinière quatre feux, mijotaient cinquante kilos de tripes durant dix heures…

  • LES COMMERCES

De 38 commerces en 1851, on passe à 15O en 19O1 puis à 2OO dans les années 3O.

Ce sont de petits commerces visant à satisfaire les besoins quotidiens d’un quartier ouvrier.

Pour la période antérieure à 1914, le rôle économique et social des petits commerçants est capital. En effet, la frontière paraît ténue entre le monde ouvrier et le petit commerce : au 19ème siècle, nombreux sont les mineurs-cafetiers qui travaillent à la mine, laissant leur femme s’occuper du cabaret .

Presque tous les immeubles abritent un commerce au rez-de-chaussée ouvrant directement sur le trottoir par une ou plusieurs portes-fenêtres.

L’activité commerciale est renforcée par le marché sur la place de l’église, les lundi et jeudi matin.

Au début du XXe siècle, de nombreuses épiceries sont affiliées à des réseaux à succursales multiples : Casino, Union des Travailleurs (Coop), Docks foréziens et lyonnais, Zanzibar, Alimentation stéphanoise, Etoile Blanche.

Jusqu’aux années 8O, les commerces sont encore nombreux. Ils se situent principalement rue Louis Soulié, rue de la Liberté et rue du Soleil. Excepté un « Europrix » bd jules Janin, il n’y a pas eu de « grandes surfaces »

Une activité de « commerces de gros » fonctionnait avec les commerces de bois, charbon, boissons ainsi que ceux de peinture, appareils électriques, pièces automobiles.

Par la suite, en choisissant les « grandes surfaces », les habitants feront moins leurs achats sur place, ce qui a contribué au déclin de l’activité commerciale au sein du quartier.

  • LES SOCIETES DE TRANSPORTS

Elles sont florissantes. Les terrains et hangars disponibles d’une superficie importante, peu chers et d’autre part proches des rocades ont permis l’implantation de sociétés de transports, de marchands de voitures, stations services, artisans carrosseries et réparations automobiles.

  • LES ECOLES PAROISSIALES

En mars 1841, on note, rue duVieux Soleil (Monteil), l’accueil des Sœurs St-Charles, dans la maison Vallon-Bréchignac : Sœur Ste Marguerite, née Morel, aidée d’une autre religieuse, pour fonder l’école du Soleil. Mme Vallon-Bréchignac les reçut à sa table pendant six mois. Les enfants affluèrent tout de suite.

En 1843, on signale la présence des Frères des Ecoles Chrétiennes. En 187O, à l’emplacement de la mairie du Treyve, une école de garçons est ouverte ; elle est tenue par les Frères. Elle deviendra laïque lors de la Commune puis les Frères reviendront.

Le maire, André Neyron donna une partie de ses terrains de Planteyre afin d’y constuire deux écoles, celle des garçons, rue des Adieux et celle des filles, 18, rue de la Liberté.

En 19O2, l’école libre de filles était composée de 4 classes : 1 maternelle, 3 primaires. Tenue par les Sœurs St Charles jusqu’en 195O, l’école est devenue mixte en 1973. Aujourd’hui, elle accueille…

  • LE CIMETIERE

Le 2 novembre 1842 on procède à la bénédiction du cimetière à qui on donne nom de St-Jérôme car paraît-il, le premier défunt qu’on y porta s’appelait Jérôme Charrin. Dans l’allée centrale, un vaste monument attire les regards sur une face sont inscrits les noms des Neyron.

Hymne à André-Antoine Neyron (sur l’air du roi Dagobert) :

Il aimait l’embarras

Qui certes ne lui manquait pas

Toujours écrivant

Et toujours courant

Rien ne lui coûtait

Quand il obligeait

Quel bon maire c’était là !

Pourquoi n’en fait-on plus comm’ça ?

  • LE CENTRE DE FORMATION PROFESSIONNEL DES ADULTES « AFPA »

s’est établi au Soleil entre 1948 et 1949 sur les terrains du puits des Flaches

  • LE P.L.M.

Pourrait être évoqué aussi avec le bombardement : On peut souligner que des cheminots, nombreux à habiter le quartier, sans être des héros de la Résistance, y ont bien contribuée.

  • PETITE OU MOYENNE INDUSTRIE

Dans le livre « St-Etienne, cité méconnue » : « Notre cité possède également la plus importante et la plus moderne Manufacture d’articles de voyage et de maroquinerie de France, les Ets Garin et Cie, 14 et 16, rue Beaunier.

  • LE COMITE DE QUARTIER

En 1974, toutes les forces vives du quartier se rassemblent à la suite d’un articler paru dans la presse concernant la rénovation du quartier. Elles veulent prendre part aux décisions des pouvoirs publics ; plusieurs points leur semblant importants : 1)) la zone industrielle devient tentaculaire, débordant par portions importantes dans le tissu urbain avec des activités dites « de peu d’importance » au détriment d’habitations et espaces verts. 2) le quartier se dépeuple, de nombreux logements sont insalubres et les effectifs scolaires apportent la preuve qu’il est laissé pour compte. Il faut que des constructions immobilières voient le jour. S’il y a démolition, on demande de veiller à ce que les personnes expulsées soient relogées sur le quartier dans des immeubles accessibles à tous. 3) La sécurité, les problèmes dus à la circulation, les conditions de transports en commun, la propreté font régulièrement l’objet de réflexions et de propositions. Michel Guille…

Le comité est un lieu de proximité permettant aux habitants de débattre de leurs soucis et de leurs souhaits en vue d’améliorer le cadre de vie des résidents et d’y favoriser une mixité sociale.

  • MAGASIN COOP – 43/45, rue Louis Soulié

Au 43/45 rue Louis Soulié, dans ce quartier très animé et à quelques centaines de mètres seulement de la gare de Châteaucreux, était installé un grand magasin de 450 m2, de l’Union des Travailleurs, succursale n° 21 (alimentation générale, vins, spiritueux, boulangerie, mercerie, électro-ménager et divers ainsi qu’une boucherie-charcuterie gérée par un chef de magasin).

Les ventes étaient les plus importantes de tous les magasins à succursales multiples car il existait à la Coop, un système de « boni » dont bénéficiaient tous les sociétaires, pour tous les achats de l’année, avec remise de timbres-vignettes remis à chaque achat et à coller sur un collecteur.

Ce « boni », mentionné « trop perçu » était calculé en pourcentage,suivant les résultats financiers de la société et pouvait atteindre en moyenne, de 3 à 7 % chaque année !

Un bon d’achat était remis à chaque client en janvier et celui-ci était négocié en marchandises de son choix.

La clientèle était essentiellement composée d’ouvriers de la métallurgie, de la S.N.C.F. et de mineurs. C’était une très bonne clientèle, très agréable et fidèle.

La nouvelle direction de la Coop ayant décidé de changer le système commercial et de gestion des succursales, souvent compliqué et difficilement applicable en cas d’absences pour maladie et congés et ou le chef de magasin n’était pas contractuellement responsable en cas de déficit, nous avons été contactés et nous avons signé le premier « contrat de gérance avec louage de services » de l’Union des Travailleurs, le 11 janvier 1954.

La société s’agrandit et rayonna dans chaque ville, chaque village, avec des ouvertures de magasins très nombreuses et des fusions avec toutes les autres Coopératives de la région ainsi qu’avec d’autres sociétés comme la SCATS (coop des mineurs), l’Etoile Blanche et les Coop de Lyon et de l’Ain.

Puis, en 1972, ce fut la fusion avec la Coop de Guéret dans la Creuse, la Coop du Bourbonnais à Yzeure-Moulins et la Société arriva à son apogée avec près de 500 magasins et un chiffre d’affaires colossal.

La nouvelle société ainsi formée, devint l’Union des Coopérateurs de la Loire et du Centre, dont le siège social était conservé au 22, rue Balay à St-Etienne jusqu’en 1976, puis ensuite dans de nouveaux locaux à Andrézieux-Bouthéon, jusqu’à sa dissolution.

La suite en effet, fut moins brillante, à cause d’une évolution totalement différente du commerce alimentaire en particulier et des super et hyper marchés qui foisonnent sur l’ensemble du territoire en général.

Le magasin Coop du 43 rue Louis Soulié, a été vendu et transformé en clinique de la télévision, puis fermé définitivement voici quelques années.

  • TEMOIGNAGE D’UNE SAGE-FEMME (Mme FARGIER) interviewée chez elle dans les années 8O)

« Quand on venait me chercher, les enfants étaient expédiés. J’en trouvais dans la rue qui me disaient : « Tu l’apportes ma petite sœur dans la valise ? ». Les voisins les faisaient manger et coucher.

« Nous faisions équipe avec madame ZAWINSKI ( ?). Notre collaboration était parfaite. Elle travaillait seule ; moi, j’avais ma mère. Après le décès de celle-ci, nous avons travaillé la main dans la main ; l’une remplaçant l’autre ».

Les clientes issues de l’immigration :

Il y a d’abord eu les espagnoles. Méons abritait les familles venues de l’étranger, dans des baraquements en dur. Ensuite certains sont allés à Reveux puis un peu partout sur le quartier.

La deuxième clientèle, c’était des polonaises, au 71 de la rue Louis Soulié.

Quelques italiennes, spécialement rue Eugène Muller en raison de l’implantation de chez Stribick qui employait des maçons.

Toutes les mères de famille n’allaient pas laver dans les buanderies. Quand il y avait de nombreux enfants, elles ne pouvaient pas les laisser seuls.

Pour raconter ce qui s’était passé, un crime, un accident, sur n’importe quoi, le lendemain, on faisait une complainte. Par exemple le crime de la rue du Cros. Le monsieur partait avec ses complaintes sous le bras et il les vendait. Les gamins, tout le monde chantaient :

« Le 16 mai, au matin, on découvre

Un crime odieux, c’est aux Granges du Cros

Une jeune enfant affolée lorsqu’elle rentre

Trouve le corps de son père étendu… »

C’était vers 1919

J’ai connu comme moyens de locomotion sur le quartier : des chevaux, des bœufs.

La fermière qui amenait ses chèvres et les trayaient devant les gens.

Le poisson qui se vendait à la criée « voilà du hareng frais ! voilà du hareng frais ! »

Le boulanger avec sa petite corne qui distribuait le pain.

L’épicier qui torréfiait son café sur le trottoir.

L’aiguiseur de couteaux avec sa petite machine.

Il y avait toujours quelqu’un qui présentait sa marchandise dans la rue.

Les salaires de la famille étaient mis dans la bourse commune. Au mariage des enfants, les parents du jeune homme payaient la cuisine, ceux de la jeune fille, la chambre. D’autres se contentaient d’un lit ou d’un fourneau donné par des parents.

Il y avait la gratuité de l’enseignement mais il fallait vêtir les enfants. Un enfant allait à l’école avec un tablier sur lequel il y avait combien de pièces ?

  • TEMOIGNAGE D’UN ANCIEN DE LA SAINTE-BARBE

« Il faut avoir vu ces gosses frapper dans une balle, faire partie d’une équipe, porter le même maillot, avoir un capitaine, leurs supporters, dirigés par un arbitre officiel, jouer sur un terrain homologué, observer les règles du jeu, puis un jour recevoir leur première récompense, leur première coupe, pour comprendre ces joies immenses pour des cœurs d’enfants, joies qu’on oublie pas plus tard. Bien souvent il n’en faut pas davantage pour orienter de jeunes vies…

Et il est très rare que les belles images de nos jeunes années s’effacent de nos mémoires en vieillissant.

Merci aux patronages qui avant de disparaître on fait découvrir toutes ces joies aux gosses, ces patros qui, pendant fort longtemps, sans aide matérielle des pouvoirs publics, ont joué un véritable rôle social en éduquant et formant des jeunes avec un désintéressement absolu et grâce à des dirigeants dévoués. »

Mars 1976 – Un ancien de la Ste-Barbe du Soleil

  • VIE CULTUELLE

*LA PAROISSE SAINTE BARBE

L’EGLISE

En 184O, le maire d’Outre-Furens, André-Antoine Neyron, proposait la construction d’une église sur ses terrains de Planteyre. L’église la plus proche : Sainte-Marie, étant trop éloignée. En février, le maire obtient de la famille Bréchignac, la location d’une chapelle provisoire dans leur bâtiment sis au « Vieux Soleil ». L’abbé Lacote, vicaire à Sainte-Marie, fut désigné pour être le fondateur de la paroisse Sainte-Barbe, patronne des mineurs. En juin 1841, une ordonnance royale crée cette nouvelle paroisse.

Après avoir rencontré une forte hostilité dans le conseil municipal, le maire parvint en 1843 à imposer son projet. Faute d’argent, il dut annuler sa décision en 1845. Finalement, l’adjudication des travaux fut réalisée le 15 mars 1846 et l’église inaugurée le 1er août 1847. L’architecte se nommait Etienne Boisson.

Le monument de style néo-roman, surmonté d’un clocher à bulbe (souvenir des campagnes napoléoniennes en Autriche), creusa dans le budget municipal, un trou égal à sa hauteur . La flèche culminant à 53 m fut achevée en 1855.

En 1852, la lumière du jour éclairait les vitraux de St- Irénée, Ste-Barbe, du Bon Pasteur, de St-Pierre et St-Paul. En 1862, les verres blancs des autres vitres furent changés en grisaille dont le médaillon central représentait les stations du Chemin de croix. Ces vitraux volèrent en éclats au bombardement. Demeurent aujourd’hui, les fresques peintes par Zachéo représentant La Cène et St-Pierre recevant les clefs.

LES AUTRES BATIMENTS PAROISSIAUX

En 1849, André-Antoine Neyron fit don d’un terrain de 3 69O m2, pour construire DES ECOLES à côté de l’église et en 1852, il vend 2 87O m2 au curé Lacote pour construire le PRESBYTERE.

Une MAISON DES OEUVRES est construite en face, 2, rue des Adieux.

En 1927, le Cercle des Houillères, 1, rue de Monteil, abritera l’Union paroissiale du Soleil.

LA COLONIE DE VACANCES DU BOUCHET à Lapte (Hte-Loire). En 1941, sous la direction de l’abbé Ginoux, jusqu’à la fin des années 6O, avec le père Avril, au milieu des bois de sapins, une ancienne usine de moulinage fera la joie de centaines d’enfants de notre quartier.

LA VIE ASSOCIATIVE de la paroisse Sainte-Barbe

Une paroisse ne se résume pas à ses bâtiments. En 19O8, un patronage voit le jour : « LA SAINTE BARBE ». Il s’agit d’une société catholique de gymnastique, clairons, tambours, petits fifres, trompettes, chorale, groupe artistique, foot-ball, cercle d’études, bureau de placement, sections syndicales et bibliothèque. Après les années fastes de 192O à 1928 avec Antoine Louat, président, le club sportif est dissous mais fin 194O, la « Ste-Barbe » redémarre. Les Houillères apportant une aide financière, M. Carlen, ingénieur aux mines, sera nommé président. Pendant plus de vingt ans, le challenge « Abbé Ginoux » contribuera à l’essor des PATRONAGES catholiques, développant le football et le sport en général parmi les jeunes. Un local accueillera de nombreux adolescents à côté du CERCLE PAROISSIAL, 1, rue de Monteil ; ils devront en 1939, laisser la place au mess des sous-officiers et en 194O à des mineurs réfugiés du Nord. En 1972, le FOYER DES JEUNES dont les locaux étaient vétustes est transféré bd Fauriat pour devenir en 1976, une association laïque : la Maison de Quartier du Soleil.

En 1927, l’association dite « UNION PAROISSIALE DU SOLEIL » voit le jour, avec pour but, de poursuivre l’éducation populaire de ses adhérents au moyen de conférences, représentations théâtrales, gymnastique, auditions musicales, séances récréatives et cinématographiques.

L’Union paroissiale prendra plus tard le nom d’UNION FRATERNELLE DU SOLEIL.

Située au 1 bis de la rue du Monteil, l’Union Fraternelle du Soleil entretenait des liens étroits averc la mine ; la statue de Ste Barbe est là pour le rappeler. La section « boules » a d’ailleurs pris le nom de « Boule Sainte-Barbe ». C’est au Soleil qu’en 1963, fut construit, 2, rue des Adieux, le premier boulodrome de St-Etienne. Quant au billard, la section fut créée le 2 février 1959. Les succès locaux ont amené les dirigeants à créer les « 24 heures du billard ».

Au fil des ans, le caractère confessionnel s’est estompé.

ŒUVRES CONFESSIONNELLES

Une diversité de « services » ayant pour but de contribuer à ce que l’Eglise catholique soit fidèle à sa mission d’annonce de l’Evangile.

Il faut citer le Catéchisme, la Conférence St-Vincent de Paul très active aujourd’hui au service des plus démunis, les œuvres des Cheminots Catholiques, celle des « Louise de Marillac », les Cœurs Vaillants et Ames Vaillantes (aujourd’hui Action catholique des enfants « A.C.E ». ; la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC et JOCF) dont l’objectif est resté le même qu’à la date de sa fondation en 1932 : «un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde », les mouvements d’action catholique pour adultes et la communauté des Sœurs de la Charité ou sœurs St Vincent de Paul qui demeure encore de nos jours au Soleil.

*LA FRATERNITE PROTESTANTE    

A la fin du XIXème siècle, des pasteurs émus par la misère ouvrière entament une réflexion sur la justice sociale.

Après la Commune naît un nouveau mouvement théologique : le christianisme social.

 En 1860, une salle d’accueil, utilisée comme salle de réunions sert à l’évangélisation et aux fêtes de la communauté protestante.

En 1896, au 102 rue du Soleil , le pasteur Louis Comte (fondateur de l’Oeuvre des Enfants à la Montagne), fonde une « Solidarité », sorte de maison chrétienne du peuple, où se côtoient protestants, catholiques et agnostiques ; un pôle d’évangélisation des ouvriers, sous le nom de Fraternité protestante du Soleil.

Elle accueille une école du jeudi matin où les enfants catholiques sont admis.

Les activités de la Fraternité sont partagées entre catéchisme, patronage, cercle ouvrier, Croix Bleue et conférences.

En 1921, le pasteur Gounelle fait acheter une maison dite « maison du bal », un ancien café, au 1 rue du Soleil (aujourd’hui rue Louis Soulié) et qui deviendra « La Fraternité ».

En 1937, un patronage regroupant de nombreux enfants est animé par Mlle Lucie Berthouze.

Le pasteur Richard succède au pasteur Gounelle et dirige ce patronage vers le mouvement scout.

En 1944, le bombardement détruit la maison de la Fraternité qui est reconstruite en partie avec les dommages de guerre. Elle fonctionne ensuite en tant que paroisse jusque dans les années 1990.

En 2002, l’Union Nationale des Eglises Réformées fait don de ce bâtiment à l’Association Familiale Protestante (l’AFP) qui y installe son siège.

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